18 avr. 2010

[Chantier] Anouchka Potdevin La créatrice et le marketing


Le marketing, c'est moche. Moche : méprisable et obscène. Même lorsqu'il est affublé d'un "éthique", il n'en demeure pas moins suspect. J'estime que compte-tenu de son passé-présent-futur de voyou, il n'a que ce qu'il mérite. D'ailleurs, je n'ai de cesse d'exercer le regard critique de mes étudiants à son encontre.

Toutefois, le marketing reste un élément déterminant de la pérennité d'une activité professionnelle. Quelle qu'elle soit. Noble ou pas. L'éditeur a le même souci de vendre que le grand distributeur. Mais si l'éditeur n'a pas le choix du but à atteindre, il a cependant le choix des armes et c'est là que la différence peut être radicale.

 

C'était une belle journée de printemps. Suffisamment belle pour se consoler de se poser des questions difficiles et contre-nature. Face à l'enjeu d'un rendez-vous à caractère commercial, Anouchka Potdevin avait décidé de se préparer. Une vraie attitude de pro. Nous avons donc fait ce qu'on appelle du mix-marketing : produit, prix, distribution, communication. Il a également été question de confiance, d'essence même, de postulat de départ. D'intangible. En proie à un doute permanent, le créateur hésite autour de sa création, n'en montrant que les imperfections, microscopiques et intrinsèques au travail artisanal. L'objet de la création faisant intimement partie de lui, il se montre parfois incapable d'objectivité. Rien n'est plus naturel, pourtant, à l'heure de la commercialisation, il s'avère nécessaire de mettre entre lui et soi une certaine distance. 

Ce jour-là, nous avons "fait" du marketing proprement, sans ostentation, sans jamais trahir la démarche et le travail d'Anouchka, ni l'objet qui reste au coeur du processus.





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